L’étrog est un agrume utilisé comme l’une des Quatre Espèces pendant la fête de Soukkot. Avec son doux parfum, sa teinte jaune-vert et sa peau légèrement bosselée, l’étrog revêt une signification importante dans la tradition juive. Voici 15 choses à savoir sur ce fruit emblématique.
1. Il fait partie des « Quatre Espèces »
L’une des principales mitsvot de Soukkot consiste à tenir ensemble quatre espèces végétales, conformément à l’instruction de la Torah.1 Chaque jour de Soukkot (à l’exception de Chabbat), nous tenons l’étrog avec un loulav (branche de palmier), trois hadassim ou plus (branches de myrte) et deux aravot (branches de saule).
2. C’est un agrume
L’étrog (au pluriel : étroguim) est un agrume, proche parent de l’orange, du citron et du citron vert. Appelé « cédrat » en français, l’étrog porte le nom scientifique de Citrus medica.
3. La Torah en donne une description énigmatique
Il est intéressant de noter que le mot étrog n’apparaît pas dans la Torah. Celle-ci nous ordonne de prendre un peri ets hadar, « le fruit d’un bel arbre ».2 Selon la tradition orale qui remonte à Moïse au mont Sinaï, cette expression désigne l’étrog.3
Le Talmud et les commentateurs bibliques proposent plusieurs explications permettant de comprendre cette identification à partir du texte. Par exemple, hadar peut signifier « celui qui demeure », en référence à la période de croissance exceptionnellement longue de l’étrog.4
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4. Certains disent qu’il s’agit de la « pomme » biblique
À d’autres endroits de la Torah, l’Écriture mentionne un fruit au doux parfum appelé tapoua’h,5 communément identifié à la « pomme ». Certains estiment cependant que ce fruit est en réalité l’étrog.6 Ainsi, lorsque Jacob se présenta devant son père Isaac en se faisant passer pour son frère Esaü, la tradition rapporte qu’il portait le parfum d’un verger de tapou’him, que certains identifient à un verger d’étroguim.7 De même, les auteurs grecs de l’Antiquité désignaient l’étrog comme la pomme de Perse ou de Médie.
5. Ils ne peuvent être issus de greffes
L’une des conditions essentielles pour qu’un étrog soit casher est qu’il soit pur et ne soit pas issu d’une greffe avec une autre espèce fruitière, comme le citron.8 Or, le recours à ce type de greffe est en réalité assez fréquent, si bien que des experts en étroguim visitent les vergers afin d’inspecter les fruits et de s’assurer que seuls des spécimens non greffés sont utilisés. De manière générale, seules sont utilisées pour la mitsva les variétés d’étroguim qui bénéficient d’une tradition ancienne attestant leur usage, car nous pouvons être certains qu’elles sont casher.
6. On choisit son étrog avec le plus grand soin
Nos Sages enseignent que nous devons embellir les mitsvot que nous accomplissons.9 Ce principe se manifeste particulièrement dans le choix d’un étrog. Plusieurs semaines avant Soukkot, de nombreuses personnes examinent déjà minutieusement les étroguim proposés à la vente, à la recherche des plus beaux, parfaitement formés et dont la peau est sans défaut.
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7. Il pousse dans les climats chauds
Les étroguim ont besoin de beaucoup de soleil et de températures élevées pour bien pousser. Nombre des étroguim utilisés aujourd’hui proviennent de la région méditerranéenne, notamment de pays comme Israël, l’Italie, le Maroc et la Grèce.
8. La tradition rapporte que Moïse reçut le sien d’Italie
La tradition ‘Habad rapporte que lorsque D.ieu donna à Moïse les instructions concernant les Quatre Espèces, Il envoya des messagers dans la région de Calabre, en Italie, pour y chercher l’étrog.10 De nombreuses personnes préfèrent encore aujourd’hui utiliser des étroguim cultivés en Calabre en raison de l’ancienneté de leur usage et de leur lignée solidement attestée.
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9. Il peut coûter cher
En raison des coûts liés à la culture, à l’inspection et à la récolte des étroguim cashers, ces fruits peuvent parfois être onéreux. On peut acquérir un étrog 100 % casher pour 50 euros, mais ceux qui recherchent un fruit dont la forme et l’apparence sont parfaites peuvent dépenser plusieurs centaines d’euros !
10. De nombreux étroguim possèdent un pitam
De nombreux étroguim possèdent un pitam, une petite excroissance semblable à une tige située au sommet du fruit. Le pitam est la partie la plus fragile de l’étrog, et son détachement peut rendre l’étrog impropre à la mitsva.11 Toutefois, le pitam de nombreux étroguim tombe naturellement alors que le fruit est encore sur l’arbre, et ces étroguim sont cashers sans cette protubérance caractéristique.12
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11. Il peut encore servir après la fête
Il existe de nombreuses coutumes concernant l’utilisation de l’étrog après la fête. Certains y piquent des clous de girofle et le laissent sécher afin de l’utiliser comme parfum lors de la Havdala. D’autres le font frire et le consomment au Nouvel An des arbres (Tou Bichevat)13 ou en font de la confiture d’étrog.
12. Il figure sur des monnaies anciennes
Certaines monnaies anciennes datant de la révolte de Bar Kokhba représentent un loulav aux côtés d’un étrog. Apparemment, ils étaient considérés comme des symboles juifs tout autant que la ménora, voire davantage.
13. Il représente le Juif spirituellement accompli
Le Midrash établit un lien symbolique entre les Quatre Espèces et différents types de Juifs. L’étrog représente le Juif idéal, qui excelle à la fois dans l’étude de la Torah (symbolisée par le goût) et dans l’accomplissement des mitsvot (symbolisé par le parfum). Le fait de tenir ensemble les quatre espèces souligne l’importance de l’unité juive.14
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14. Le lien entre l’étrog et l’humilité
Les lettres hébraïques du mot étrog (אתרג) correspondent aux initiales des mots du verset15 Al tevoéni réguel gaavah — « Que le pied de l’orgueil ne s’approche pas de moi. »16 Cela enseigne que ce sont précisément les « Juifs-étroguim », admirés pour leurs nombreuses qualités, qui doivent rester humbles et ne pas laisser leurs accomplissements les conduire à l’orgueil.17
15. C’est une mitsva pour chaque Juif
Même si vous n’avez pas acheté votre propre ensemble des Quatre Espèces, vous pouvez tout de même accomplir la mitsva ! De nombreuses synagogues mettent un ensemble à la disposition de la communauté. Vous pouvez également contacter le rabbin ‘Habad de votre région, qui se fera un plaisir de vous aider à accomplir cette mitsva.
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