Rabbi Israël, le Baal Chem Tov, déclara :
« Une âme peut descendre sur terre et y vivre soixante-dix ou quatre-vingts ans dans l’unique but de rendre un service à autrui – sur le plan spirituel, ou même sur le plan matériel. »
Le Baal Chem Tov enseignait :
L’amour du prochain est la première porte qui mène au palais de D.ieu.
Aimer son prochain, c’est aimer D.ieu. Car « Vous êtes des enfants pour l’Éternel votre D.ieu » (Deutéronome 14, 1) ; or, celui qui aime le père aime ses enfants.
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » développe et éclaire le verset : « Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu » (Deutéronome 6, 5). Lorsque l’on aime son prochain, on aime D.ieu, car le prochain porte en lui une « parcelle de D.ieu d’en haut » (Job 31, 2). En aimant son prochain dans ce qu’il a de plus intérieur, c’est D.ieu que l’on aime.
Trois grands maîtres hassidiques furent particulièrement célèbres pour leur ahavat Israël, leur amour du prochain juif : Rabbi Israël Baal Chem Tov, Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev et Rabbi Zoucha d’Anipoli.
Rabbi Zoucha incarnait l’adage selon lequel « l’amour couvre toutes les fautes » (Proverbes 10, 12). Ce qu’un observateur ordinaire aurait perçu comme un défaut criant, voire comme une faute manifeste, n’entrait ni dans son regard saint ni dans son esprit. Rabbi Zoucha était tout simplement incapable de voir quoi que ce soit de négatif chez un Juif.
L’ahavat Israël de Rabbi Lévi Its’hak s’exprimait dans ses efforts incessants pour plaider la cause du peuple d’Israël. Contrairement à Rabbi Zoucha, il n’était pas aveugle à leurs fautes et à leurs manquements ; mais il ne manquait jamais de « juger chaque homme du côté du mérite » – de trouver une justification, et même un aspect positif, dans leur conduite. Une anecdote caractéristique rapporte qu’un jour, apercevant un charretier qui graissait les roues de sa charrette tout en récitant la prière du matin, Rabbi Lévi Its’hak leva les yeux vers le Ciel et s’écria : « Maître de l’univers ! Vois la piété de Tes enfants ! Même lorsqu’ils vaquent à leurs occupations quotidiennes, ils ne cessent pas de prier vers Toi ! »
Mais l’amour du Baal Chem Tov allait plus profond encore. Pour lui, l’ahavat Israël ne consistait pas à refuser de voir les défauts d’un autre Juif, ni même à s’efforcer de les convertir en mérites, mais à l’aimer sans réserve, quel que fût son état spirituel. Il aimait le plus grand pécheur avec le même amour infini qu’il portait au plus grand tsadik ; il les aimait comme D.ieu les aime – comme un père aime ses enfants, quels qu’ils soient et quel que soit leur état.
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